La mort de Carlyto Lassa : la ministre de la Culture salue « une voix qui consolait »

Les hommages se multiplient de part et d’autre après la mort de l’artiste musicien Carlyto Lassa, qui est décédé à l’âge de 65 ans, aux États-Unis. Si Aimé Nkanu, l’une des figures de la musique gospel en République démocratique du Congo (RDC) qui a annoncé son décès lundi 31 août 2026, reconnaît « un homme de foi », le chanteur Reddy Amisi parle d’un talent qui a marqué la musique congolaise, de son côté, la ministre en charge de la culture Yolande Elebe, salue la mémoire de la « corde d’or ».

Dans son message, Yolande Elebe a rappelé que l’illustre disparu, avec moins ou quasiment pas d’actualités musicales dans le temps, « est parti, laissant dans son sillage un silence lourd. Un silence qui fait mal mais un silence peuplé de ses plus beaux murmures ».

Pas des caractéristiques d’un grand artiste qui portaient Carlyto Lassa, mais un élément unique qui faisait voyager. « Carlyto n’était pas seulement une voix, il était la douceur incarnée de notre rumba : un souffle de velours, une caresse sur nos âmes », a développé sur son compte Facebook la patronne de la Culture, des Arts et patrimoine. « De l’éclat vibrant de Choc Stars jusqu’au sanctuaire de l’OK Jazz, il a sculpté l’air avec des mélodies d’éternité. Sa voix ne chantait pas : elle consolait, elle aimait ou encore elle élevait ».

Son parcours musical

Né au Kongo-Central et grandi à Kinshasa, Carlyto de son vrai nom Charles Ndombasi Lassa, a fait les pas en musique étant mineur, d’abord dans la musique profane. Ce chanteur, auteur-compositeur et interprète avec une  » belle voix qui cherche à maîtriser les choses « , a fait connaître dans le grand public aux côtés du poète Lutumba Simaro, sous son label Masiya Production dans lequel il a interprété des chansons légendaires comme Maya, Verre cassé ou encore Affaire kitikwala, avant de rejoindre le célèbre groupe Ok Jazz de Franco Luambo, dans lequel le guitariste Lutumba assumait la vice-présidence, pour confirmer son ascension.

L’illustre disparu a été également de passage dans le groupe Choc Star de Ben Nyamabo avec Debaba, Defao, Djuna Djanana, Roxy Tshimpaka, Petit prince ou encore Nzaya Nzayadio. Après Choc star, il a sorti son album solo  » Makolo ya Masiya », en français  » le pied de Jésus-Christ  » avant de consacrer définitivement sa vie et sa carrière à Dieu, au terme d’un témoignage qui a fait date tant il a fait des révélations sur le monde musical congolais et ses acteurs, témoignait lors de son passage sur Top Congo en mai 2025.

Sa carrière dans le monde gospel

Carlyto Lassa a tourné le dos à la musique profane vers fin des années 90, mais la consécration dans la carrière gospel est intervenue en 2001, lors qu’il a dévoilé son disque  » Reconnaissance », d’ailleurs, son unique album gospel porté par des chansons intemporelles notamment :  » Makolo ya Masiya » et Tala mwana na mpate (l’agneau de Dieu) l’unique titre dont son clip a vu le jour sur Youtube, en 2018, et cumule plus de quatre millions de vues.

Après sa conversion au christianisme, il devient également pasteur et met désormais son expérience artistique au service de son engagement religieux. Son parcours dans le gospel sera marqué ainsi par plusieurs collaborations avec des artistes chrétiens congolais, dont Aimé Nkanu et Golly Imengo.

Charles Ndombasi Lassa avait affiché l’année dernière, son intention de revenir dans l’univers musical après avoir  » compris le monde numérique » expliquait t-il. Aujourd’hui éteint, Carlyto laisse son empreinte de sa carrière évangélique, dans l’ombre du son ministère de Pasteur, malgré un statut moins connu dans sa communauté.

David Ekutshu

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *