L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) s’apprête à ouvrir une nouvelle page de son histoire. Pour la première fois depuis ses 56 années d’existence, les candidats à la fonction de Secrétaire général sont auditionnés publiquement devant les ministres des Affaires étrangères des États et gouvernements membres de plein droit, réunis en Conférence ministérielle extraordinaire (CMF), ce mardi à Paris, en France. Une étape décisive avant le sommet de Phnom Penh, en novembre, lequel pourrait bien déboucher sur le vote des États membres.
Cette audition constitue l’une des principales innovations issues de la réforme institutionnelle adoptée en 2022. Jusqu’alors, la désignation du Secrétaire général reposait essentiellement sur des consultations diplomatiques entre les États membres, sans procédure formalisée.
« Depuis la création du poste de Secrétaire général en 1997, le processus de désignation reposait essentiellement sur des consultations diplomatiques bilatérales, sans cadre formalisé, et selon un principe de recherche du consensus entre les États et gouvernements membres de plein droit » rappelle le communiqué de l’OIF.
Quatre candidats en lice
Quatre candidats sont en course pour le mandat 2027-2030. Il s’agit de la Secrétaire générale sortante, la Rwandaise Louise Mushikiwabo, candidate à un troisième mandat ; de l’ancienne ministre congolaise Juliana Lumumba, fille de Patrice Emery Lumumba ; de la Mauritanienne Dr Coumba Ba, ministre conseillère et envoyée spéciale du président Mohamed Ould El-Ghazouani ; et de l’ancien Premier ministre roumain, Dacian Cioloș.
Une réforme pour plus de transparence
Le nouveau règlement adopté en mars 2022 instaure un processus plus structuré et plus transparent. Il prévoit notamment un appel à candidatures, un calendrier précis, la présentation d’un projet stratégique devant les ministres et une élection formelle par les chefs d’État et de gouvernement.
Selon le communiqué, « le Règlement unique des instances adopté à cette occasion instaure désormais un appel à candidatures ouvert, assorti de critères précis quant aux profils recevables (…), une présentation obligatoire de vision stratégique devant la CMF réunie en session extraordinaire, et une élection formelle par les chefs d’État et de gouvernement lors du Sommet ».
L’OIF souligne que cette session constitue la première mise en œuvre complète de cette réforme.
« C’est à l’occasion de ce 20e Sommet que le processus réformé trouve sa première application intégrale, dans le respect du calendrier prévu par les textes », précise le communiqué.
Avec actualité.cd