Alors que de nombreuses organisations hostiles à l’immigration appellent à manifester le 30 juin pour exiger, entre autres, du gouvernement le départ des immigrés illégaux présents dans le pays, des organisations de la société civile, des syndicats, des partis politiques et des représentants religieux se sont réunis en ligne, samedi 27 juin, pour condamner la stigmatisation des immigrés érigés en boucs émissaires de tous les maux du pays.
La tension monte en Afrique du Sud à l’approche du 30 juin, date fixée par plusieurs groupes anti-immigration pour la tenue de manifestations nationales exigeant, entre autres, le départ des immigrés illégaux et la priorité à l’emploi pour les Sud-Africains.
Samedi 27 juin, pour s’opposer à eux et condamner la stigmatisation des immigrés érigés en boucs émissaires de tous les maux du pays, des organisations de la société civile, des syndicats, des partis politiques et des représentants religieux se sont en effet réunis en ligne. Un rendez-vous au cours duquel ils ont d’abord tenu à battre en brèche les arguments des mouvements anti-immigration.
Membre de la fondation Ahmed Kathrada organisatrice de l’initiative, Rethabile Ratsomo a ainsi estimé que ces discours étaient démentis par les chiffres : « On nous dit par exemple que les migrants volent des emplois. Pourtant, les études montrent que l’entrepreneuriat des migrants génère souvent une création nette d’emplois. Une étude de la Banque mondiale a même révélé que, pour chaque migrant employé, environ deux emplois sont créés pour des Sud-Africains », a-t-il ainsi expliqué.
Une colère légitime orientée vers les mauvais coupables
Puis, la vingtaine de représentants connectés ont ensuite réaffirmé leur engagement pour la démocratie et le vivre ensemble. Ela Ghandi, petite fille de Ghandi et militante pacifiste en Afrique du Sud, a notamment rappelé les risques liés au rejet des principes moraux et humanistes. « L’apartheid reposait sur des préjugés, et ces préjugés étaient utilisés pour justifier la discrimination injuste à l’encontre des Noirs. Aujourd’hui, nous vivons exactement la même situation. Si nous ne nous unissons pas fermement contre cela, l’Afrique du Sud sera une honte », a-t-elle lancé.
Face aux inégalités, au chômage et à la pauvreté, la colère des Sud-Africains est justifiée, ont reconnu les participants, tout en précisant qu’elle était orientée vers les mauvais coupables, invitant plutôt à chercher des responsabilités du côté du gouvernement et de la corruption.
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