RDC : le PAM réduit son aide faute de fonds, alors que 25 millions de personnes souffrent de la faim

Le manque de fonds contraint le Programme alimentaire mondial (PAM) à réduire son aide en République démocratique du Congo, alors que la faim et les combats frappent durement les provinces orientales.

« Des personnes meurent déjà de faim », a alerté vendredi dernier le PAM, alors que ses équipes peinent à accéder aux zones de l’est du pays passées sous le contrôle des rebelles du Mouvement dit M23. Depuis l’offensive du groupe armé de défense des intérêts de la minorité congolaise tutsie, en début de l’année, les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu sont pratiquement coupées du reste de la RDC.

L’alerte du PAM intervient au lendemain de la publication d’un nouveau rapport du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), dans lequel le groupe d’experts internationaux faisant autorité sur les questions de malnutrition souligne que près de 25 millions de personnes en RDC sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë.

« La faim sévit, mais le PAM ne peut venir en aide qu’à une fraction des personnes dans le besoin en raison d’un manque criant de fonds et de difficultés d’accès complexes », a déclaré depuis Kinshasa, Cynthia Jones, représentante du PAM dans le pays, lors d’un point de presse à Genève.

L’agence onusienne avait prévu d’apporter une aide alimentaire à 2,3 millions de personnes dans l’est de la RDC cette année. En raison du manque de fonds, elle a été contrainte de réduire le nombre des bénéficiaires à seulement 600 000 personnes par mois à partir d’octobre.

Risques de coupes supplémentaires

L’organisation appelle à une aide d’urgence de 350 millions de dollars pour les six prochains mois. Sans ce financement, prévient Mme Jones, l’assistance pourrait tomber à 300 000 personnes, « soit à peine 10 % des trois millions dans le besoin ». Faute de ressources, le PAM craint une « rupture totale de la chaîne d’approvisionnement » d’ici mars 2026 « ce qui signifierait l’arrêt complet de l’aide alimentaire d’urgence dans les provinces de l’Est ».

L’agence a déjà commencé à fermer des bureaux et à réduire ses effectifs. « Nous tentons de maintenir notre capacité opérationnelle dans un environnement extrêmement complexe », confie la représentante du PAM.

Une personne sur trois dans l’Est a faim

En attendant, une personne sur trois dans les provinces orientales de la RDC, à savoir le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, l’Ituri et le Tanganyika, est confrontée à une faim atteignant des niveaux critiques. Cela représente plus de 10 millions de personnes. Parmi elles, 3 millions de personnes se trouvent dans une situation d’urgence alimentaire.

« Cela signifie que les familles sautent des repas, épuisent tous leurs biens domestiques et vendent leurs animaux pour survivre », a expliqué Cynthia Jones. La guerre, en empêchant l’accès aux champs, a fait disparaître les récoltes et affaibli des communautés déjà fragilisées par des années d’instabilité.

Par la rédaction

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