Les ténors du luxe français Chanel et Saint Laurent ont clos mardi la Fashion Week féminine de Paris avec des collections automne-hiver qui se jouent des proportions, dans un contexte toujours marqué par la valse des directeurs artistiques.
Chanel a ouvert le bal dans la matinée avec un défilé organisé comme d’habitude au centre de la nef du Grand Palais, où un ruban noir monumental serpentant jusqu’au plafond avait été installé.
Une veste noire en tweed à boutons-bijoux se transforme en robe longue manteau, une grande chemise en popeline descend jusqu’aux chevilles, et sur un ensemble tailleur-short rose sont superposées une fine veste et une jupe longue transparentes de la même couleur. Un jeu de canapés multiples et transparence qui se retrouve beaucoup dans ce nouveau vestiaire pour twister les iconiques tailleurs de la marque française de luxe.
Les jeux d’échelle se retrouvent également dans les accessoires, avec des sacs qui ressemblent à d’immenses colliers de perles, d’énormes bagues en perle et des grosses pochettes ou, à l’inverse, des micro-sacs.
Cette nouvelle collection a été imaginée par le studio de création dans l’attente de la prise de fonction du Franco-Belge Matthieu Blazy. Le créateur discret et très respecté a été nommé directeur artistique de Chanel en décembre, six mois après le brusque départ de la Française Virginie Viard. Mais il ne présentera pas de collection avant la Fashion Week printemps-été de septembre.
Pas de quoi rebuter les célébrités, cependant : la papesse de la mode Anna Wintour, la top Naomi Campbell, Charlotte Casiraghi, membre de la famille princière à Monaco, la chanteuse sud-africaine Tyla ou encore les actrices françaises Anna Mouglalis et Carole Bouquet étaient de la fête.
– Jeux de volume chez Saint Laurent –
Dans la soirée, Saint Laurent a présenté une collection aux traits minimalistes, avec un gros jeu sur les volumes et très inspirée des années 1980, devant un parterre de stars, dont les actrices Catherine Deneuve, Virginie Efira et Charlotte Gainsbourg, la star américaine-cubaine oscarisée Zoe Saldaña ou encore le réalisateur espagnol Pedro Almodóvar.
Que ce soit sur les manteaux, les chemisiers ou les robes courtes, les épaules sont très larges et le col haut, dans des couleurs très vives, orange, rose ou encore ocre. Les chemisiers en soie ou en plastique s’associent à des jupes crayons et d’imposantes boucles d’oreille.
Pour le soir, le créateur belge Anthony Vaccarello a imaginé des robes nuisettes à la jupe crinoline portée très bas sur les hanches. Pour la version jour, elles se revêtent avec des pulls à col roulé et de gros blousons de cuir.
La maison italienne Miu Miu a, quant à elle, mis de côté ses mini-jupes caractéristiques pour présenter une collection avec un thème prédominant : des chaussettes longues, colorées, argentées ou dorées, associées à des paniers, des bottes et des chaussures à talons.
Un vestiaire qui a envoyé bon les sixties, dans un savant mélange de tons vifs, d’amples vestes à carreaux style bûcheron, de chemisiers bleu ciel soigneusement cintrés par des jupes longues ou des pantalons sobres.
– Du changement chez Dior ? –
Cette semaine de la mode a été marquée par les débuts de nombreux créateurs, illustration du jeu de chaises musicales des directeurs artistiques. Les premiers shows de l’Anglaise Sarah Burton chez Givenchy, du Belge Julian Klausner chez Dries Van Noten et du Français Haider Ackermann chez Tom Ford ont été particulièrement scrutés.
Tous les salutations étaient également tournées vers Dior et ce qui était peut-être le dernier défilé de l’Italienne Maria Grazia Chiuri. Le bruit court, depuis plusieurs mois, que la directrice artistique des collections femme pourrait partir, peut-être pour Gucci.
Selon la presse spécialisée, LVMH cherche à confier les rêves de la maison française à Jonathan Anderson, à la tête de la griffe espagnole Loewe, également propriété du géant français du luxe.
Dernier mouvement en date de ce vaste mercato, l’arrivée à la tête de Carven de Mark Thomas, passé notamment par Helmut Lang. Le Britannique, qui occupe le poste de designer senior au sein de la maison française depuis 2023, succède à sa compatriote Louise Trotter, nommée chez Bottega Veneta en décembre pour remplacer… Matthieu Blazy.
Les annonces devraient se poursuivre, les maisons Celine et Fendi étant toujours l’une comme l’autre sans directeur artistique, après les départs respectifs du Français Hedi Slimane et de Kim Jones.
Parti de Maison Margiela en décembre, après dix ans, le Britannique John Galliano n’a toujours pas de point de chute
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